
Conférences 2025-26 :
Thème : la dépression contemporaine
Conférenciers et dates
mardi 14 octobre 2025 – Hervé Damase
mardi 25 novembre 2025 – Anne Colombel-Plouzennec
mardi 16 décembre 2025 – Armelle Guivarch
mardi 20 janvier 2026 – Alice Delarue
mardi 10 février 2026 – Franck Rollier
mardi 10 mars 2026 – Cinzia Crozali
mardi 7 avril 2026 – Isabelle Orrado
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La journée conclusive du 29/5/2026
se tiendra en présence
de Patrick Monribot
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ARGUMENTS CONFERENCES 2025-26
14 octobre 2025
Hervé Damasse
Titre : De quoi la dépression est-elle le nom ?
Argument : Depuis bientôt un demi siècle, le terme de dépression prospère dans le discours courant. En cela, il est un symptôme du malaise de notre civilisation. Il s’agira ici de faire quelques rappels concernant l’usage de ce signifiant et la façon dont la psychanalyse peut en proposer un traitement.
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25 novembre 2025
Anne Colombel-Plouzennec
Titre : Intérieur nuit de Nicolas Demorand : une dépression contemporaine
Argument : Dans Intérieur nuit, Nicolas Demorand nous donne accès à une description de sa « dépression » qui dépasse amplement le cadre du DSM auquel le journaliste se réfère. La dépression touche au corps, au langage et au sens de la vie. Là où le manuel diagnostique réduit la souffrance à des signes observables, la psychanalyse rappelle la place de l’inconscient et de sa face de jouissance.
En interrogeant le rôle du transfert, nous tenterons de situer quelques enjeux de ce que l’on appelle aujourd’hui « la dépression », pour nous attacher à la logique de certaines solutions symptomatiques.
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16 décembre
Armelle Guivarch
Titre : Malaise dans notre civilisation
Argument : Notre monde irait mal, beaucoup s’accordent à le dire ; pas une semaine sans que nos grands médias nous informent de l’augmentation des « crises suicidaires » chez les jeunes et de « la dégradation de leur santé mentale ». Les propositions pour y remédier sont multiples.
J.-A. Miller disait à Comandatuba en 2004 ; « La psychanalyse a été inventée pour répondre à un malaise dans la civilisation1 ». Nous suivrons ce fil.
Mme A. et Mr B. s’adressent à l’analyste pour des affects dépressifs et s’engagent dans une expérience de parole. Que recouvre cette plainte première ?
Nous relirons les points essentiels de « Malaise dans la civilisation 2 » de Freud et nous nous orienterons du Séminaire « L’Éthique de la psychanalyse 3 » de Jacques Lacan en interrogeant les notions de pulsion de mort et de surmoi si présentes dans les dépressions, en particulier la mélancolie.
1Miller J.-A., « Une fantaisie », Conférence à Comandatuba lors du IVeme Congrès de l’AMP en 2004, publication en ligne. Site de l’AMP.
2 Freud S., Malaise dans la civilisation, Paris, PUF, 1971.
3Lacan J., Le Séminaire, Livre VII, L’Éthique de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1986.
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20 janvier
Alice Delarue
Titre : Ennui et morosité à l’adolescence
Argument :En 1974, alors que les promesses de la libéralisation sexuelle sont encore vivaces, Lacan fait remarquer qu’une part de la jeunesse est aux prises avec des affects qui sont bien plutôt teintés d’une humeur dépressive : l’ennui et la morosité (Lacan, « Télévision », AE, p. 532).
Pour la psychanalyse, l’adolescence est un moment qui concerne le corps – dans la mesure où la puberté représente « une scansion […] dans l’histoire de la sexualité » – ainsi que le lien social, car « Le moment pubertaire est un moment où […] le narcissisme se reconfigure » (JAM, « Après l’enfance ») et la question du corps de l’Autre entre en jeu. Cependant, en deçà du corps de l’Autre, le sujet rencontre d’abord quelque chose d’inquiétant, d’étranger qui concerne son propre corps et peut ouvrir une faille.
Les impératifs contemporains et la prolifération d’objets plus-de-jouir dénudent plus que jamais l’impossible du rapport sexuel et entraînent, chez certains, vacuité et désenchantement (JAM, « L’inconscient et le corps parlant »). Mais l’adolescence est aussi un moment de remaniement où le sujet peut élaborer, avec un analyste qui ne lui oppose pas une « bouche pincée » (Lacan, « Télévision », AE, p. 532), des formes inédites de réponse à l’ennui et la morosité, voire des solutions sublimatoires.
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10 février
Frank Rollier
Titre : Figures du deuil à l’adolescence
Argument : Je propose d’aborder la « dépression » à partir de la variété des pertes auxquelles un adolescent peut être confronté : départ ou décès d’un proche- exil de son pays natal- défaillance du fantasme ou de l’image du corps lors des premières rencontres sexuelles. Ces événements nécessitent un travail de deuil dont l’évolution est d’abord fonction du rapport du sujet au signifiant. J’illustrerai ces situations par des vignettes cliniques.
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10 mars
Cinzia Crosali
Titre : Traitement psychanalytique des dépressions
Argument : Pour la psychanalyse la dépression n’est pas une maladie biologique, elle n’est pas non plus un symptôme, mais un affect. Elle procède de la difficulté, propre à chaque sujet, à mettre en résonance le signifiant avec la jouissance, à conjuguer le symbolique avec le réel. Ainsi, la maladie dépressive se configure comme ce que, de la jouissance, le symptôme n’arrive pas à saturer.
Le traitement psychanalytique des sujets dits « dépressifs » ou « déprimés », ne cherche ni à normaliser, ni à promouvoir une quelconque quête de bonheur absolu. Il vise plutôt à valoriser le potentiel de chaque sujet à inventer des solutions inédites et singulières, propres à son histoire et à sa subjectivité.
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7 avril
Isabelle Orrado
Titre : Au joint le plus intime du sentiment de la vie
Argument : Notre époque pourrait avoir tendance à classifier la dépression selon une échelle d’intensité. Ainsi l’échelle d’Hamilton permet à l’aide de 17 questions de vous dire si vous souffrez de dépression légère, modérée ou sévère. En psychanalyse la question se pose tout autrement. La dépression est à entendre comme ce qui se manifeste d’une « perte de libido »[1], ce qui nous conduit à interroger la place logique de l’objet et par conséquent de la jouissance pour chacun. Reprenons la question telle qu’elle apparaît dans l’argument du cycle de conférence, « Quel crédit accorder à l’affect dépressif dans l’expérience analytique ? » et prolongeons là ainsi :
« Quelle place logique donner à l’affect dépressif dans l’expérience analytique de chaque Un ? » C’est le fil que nous suivrons au travers de la clinique.
1 -Freud S., Deuil et Mélancolie, Paris, Édition Payot & Rivages, 2011, p.47.
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