Le cycle de conférences

 

« Devenir une femme,

un homme

aujourd’hui »

La psychanalyse a très tôt mis au jour le fait que l’assomption de son propre sexe¹ , pour l’être parlant, est une affaire qui est loin d’être naturelle. Ce que Lacan finira par nommer sexuation met en jeu, au contraire, la dimension de l’inconscient et du choix du sujet, non sans lien avec les coordonnées de discours dans lesquelles sont prises sa jouissance et son image.

Mais aujourd’hui que les possibilités ouvertes par la science ont ringardisé la ségrégation sexuelle, et que définitivement, l’anatomie ne fait plus le destin, pour  renverser le célèbre mot de Freud emprunté à Napoléon Bonaparte, qu’est-ce que la psychanalyse a à dire de la façon dont un sujet s’inscrit dans son identité sexuée ? Quel jeu entre jouissances et identification, genre, mascarade ou performance dans l’accélération d’une époque secouée de « troubles dans le genre »² et à l’heure où certains rêvent de dépasser la binarité de la différence sexuelle dont l’index ne serait plus garanti par l’Autre et ses catégories prêtes-à-porter ?

« L’être sexué ne s’autorise que de lui-même […] et de quelques autres. »³  Il s’agira de tirer les conséquences de cette formulation de Lacan et de la souplesse offerte par son dernier enseignement pour questionner les formes les plus actuelles de la clinique qui est la nôtre en institution et dans nos cabinets, et se tenir à la hauteur  de ce réel qui nous regarde.

¹ Cf. Lacan J., « Les complexes familiaux dans la formation de l’individu », Autres
écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 56.

² Pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Judith Butler, qui inaugure les Gender studies

³ Lacan J., Le Séminaire, livre XXI, « Les non-dupes errent », leçon du 9 avril 1974, inédit.